Mes conseils pour visiter Miyajima, l’île sacrée du Japon

Au large de la ville d’Hiroshima, l’île d’Itsukushima est l’une des destinations les plus touristiques du Japon. L’île est plus communément appelée Miyajima, ce qui veut dire l’île sanctuaire, puisqu’il s’agit d’un grand sanctuaire shinto et une île sacrée du shintoïsme. Miyajima est plus particulièrement connue pour son grand torii flottant, qui fait partie du sanctuaire d’Itsukushima, classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO, et est aussi traditionnellement considéré comme l’une des trois plus belles vues du Japon (« Nihon Sankei »). Bref, sachant tout cela, on peut aisément comprendre que cette petite île très particulière attire les foules ! Malgré tout, et à condition de bien organiser sa visite, cela reste une destination à voir au moins une fois au Japon. Dans cet article, je vous donne tous mes conseils pour découvrir Itsukushima et pour ne pas trop souffrir du surtourisme.

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Visiter Miyajima en pratique 

Les attraits de Miyajima ne se limitent pas à son fameux torii flottant : pour bien profiter de l’île, il vaut mieux y passer la journée complète, et dormir au moins une nuit sur place. Cela vous permettra notamment d’explorer une facette bien moins fréquentée de l’île, ses montagnes, remplies de cerfs.

Pour arriver à Miyajima, une seule solution : le ferry. Le ferry qui part de Miyajimaguchi (accès en train local depuis la gare d’Hiroshima) est inclus dans le JR Pass, mais une taxe touristique de 100 yen a récemment été mise en place et doit être payée avant d’embarquer, que l’on passe la nuit sur place ou non. Déjà durant le trajet en ferry, on en prend plein les yeux en découvrant pour la première fois le torii depuis l’eau !

La plupart des restaurants et hébergements de l’île se trouvent à distance de marche depuis l’embarcadère de Miyajima. Il n’y a que deux taxis : nous en avons pris un pour gagner du temps pour aller au point de départ du téléphérique du Mont Misen, mais ce n’est pas nécessaire (on l’a juste pris car ça fermait tôt et ça nous a permis d’y arriver à temps). Par contre nous n’avons jamais eu une chauffeuse de taxi aussi gentille, elle nous a même remis plusieurs origamis pour nous remercier de visiter son île… et après on dira encore que les japonais ne sont pas accueillants !

Dormir sur Miyajima : la solution au surtourisme

Passer la nuit à Miyajima changera entièrement votre expérience sur l’île. En effet, les ferrys fonctionnent depuis tôt le matin jusqu’à tard le soir et ce sont des milliers de touristes qui débarquent chaque jour, quelle que soit la période de l’année, pour une excursion à la journée.

Pour être tranquille, il faut donc être sur l’île quand les ferrys ne fonctionnent pas. Je pense qu’en restant uniquement sur l’expérience de jour, et sans passer la nuit sur place, j’aurais eu un bien moins bon souvenir de cette étape. Me balader seule ou presque au sanctuaire d’Itsukushima, à l’aube ou à la nuit tombée, restera de loin mon activité préférée sur l’île (surtout que c’est à ce moment-là que l’on voit le plus de cerfs et de biches !).

Mais malgré le côté très touristique de l’île, il n’y a pas énormément d’hébergements sur place (d’où la grande tranquillité le soir). Ce qui veut aussi dire que ceux-ci sont très vite remplis, et surtout que leurs tarifs sont bien plus élevés qu’à Hiroshima (l’offre et la demande…). Il n’y a vraiment que très peu d’options pour loger à moins de 200€ la nuit sur l’île, là où à Hiroshima on peut toujours loger très confortablement pour moins de 50€. Malgré la différence de prix, à nouveau, ça vaut vraiment l’investissement car l’expérience n’est pas du tout la même en logeant à Hiroshima. Je vous recommande donc de faire comme nous l’avons fait : passer une première nuit dans un hébergement pas cher à Hiroshima, et une seconde nuit dans un des hébergements de l’île de Miyajima. En combinant le prix des deux nuits, cela reste très raisonnable !

En m’y prenant bien à l’avance, j’ai réussi à réserver l’un des hébergements les plus populaires de l’île (à juste titre), le charmant Jukeiso. Cet hôtel avec des chambres japonaises traditionnelles est situé un peu en hauteur, mais avec un accès très rapide au sanctuaire via un escalier bien pratique. Cette situation un peu à l’écart est agréable, car c’est très calme, et surtout on a de superbes vues panoramiques sur le village et sur le sanctuaire depuis les chambres. 

Notre hébergement incluait une excellente demi-pension (avec repas traditionnel le soir et le matin – avec notamment la spécialité de Miyajima, les huîtres), ainsi que l’accès aux bains de l’hôtel : des bains communs intérieurs, et un bain que l’on pouvait privatiser une fois par jour avec la même jolie vue sur le sanctuaire que depuis notre chambre ! Et cerise sur le gateau, l’hôtel nous a même proposé de venir chercher nos bagages aux lockers du terminal de ferry, ce qui nous a permis de commencer directement la visite de l’île avant l’heure du check-in.

Voir plus de photos et les tarifs actuels ici.

Pour un budget plus élevé, il y a aussi le Iwaso, splendide ryokan traditionnel, et le Kinsuikan, dans un style plus moderne, qui offre aussi de jolies vues. Pour un budget légèrement plus modéré, voir aussi le Kikunoya (jolies vues également) ou, un peu plus excentré, le Miyajima Seaside Hotel, qui fait face à une petite plage de sable.

Que faire sur l’île d’Itsukushima ?

Nous sommes restés un peu moins de 24 heures sur l’île de Miyajima, ce qui nous a permis de faire les principales visites de l’île et de pouvoir profiter du torii sur l’eau à la fois de jour et de nuit, à marée haute et à marée basse. Cela nous a personnellement suffit, ça a été une visite très satisfaisante et je ne ressentirai pas forcément le besoin d’y retourner.

Le Mont Misen : randonnée au sommet de l’île

Nous avons commencé notre visite de l’île en prenant le téléphérique qui permet de monter (presque) tout au sommet de l’île, dans les hauteurs du Mont Misen. Miyajima est en effet dominée par une grande forêt traversée par plusieurs sentiers de randonnées. Il est bien sûr possible de faire l’aller-retour à pied, mais si vous voulez éviter la majeure partie du dénivellé, le téléphérique est une bonne option (mais attention par contre, il s’arrête tôt et il faudra probablement faire au moins 30 minutes de file si vous venez l’après-midi).

On en prend un premier, puis un second, avant d’enfin arriver à la station la plus élevée, à côté de laquelle se trouve déjà un très joli point de vue.

Pour arriver au sommet-même du Mont Misen, il faudra encore continuer à pied sur quelques kilomètres : le sentier monte mais est très facile et les directions à prendre sont bien indiquées tout le long. 

En chemin vers le sommet, on passe par plusieurs petits temples dont le populaire temple des amoureux. La vue au sommet est évidemment la plus panoramique, et il y a aussi une petite boutique sur place (eh oui !). 

Après ça, nous avons décidé de redescendre à pied en empruntant le sentier menant jusqu’au temple de Daisho-In. Si nous avions croisé du monde entre la station de téléphérique et le sommet, sur la redescente jusqu’au village nous étions seuls quasiment tout le long, et nous avons même croisé quelques cerfs : ils sont quelques centaines sur l’île et habitués aux touristes, même si moins apprivoisés qu’à Nara. J’ai quand même trouvé la descente un peu longue (quasi que des escaliers, ça pèse sur les genoux), et on a pu profiter de quelques jolies vues uniquement dans la dernière partie.

Le temple Daisho-in et ses Jizô

Le sentier depuis le sommet du Mont Misen emmène directement à l’entrée du temple Daisho-in, un temple bouddhiste parfois oublié des touristes mais qui mérite vraiment une visite (l’entrée est gratuite). Vous y trouverez des centaines de petites statues de bouddhas Jizô, coiffées de bonnets rouges, représentant les protecteurs des enfants et voyageurs. L’endroit le plus fascinant de ce temple est la pièce aux lanternes où se trouvent 88 statues qui représente tous les arrêts du pèlerinage de Shikoku.

Le sanctuaire flottant d’Itsukushima 

Mais celui qui attire tous les touristes sur Miyajima, c’est Itsukushima-jinja, le sanctuaire shinto flottant connu pour son grand torii, accessible à marée basse, et entouré par les eaux (tout comme le temple) à la marée haute. La visite de l’intérieur du sanctuaire est payante mais le torii est accessible librement (à marée basse, puisqu’à marée haute on ne peut que le voir de loin !). Nous avons visité l’endroit à trois reprises :

  • une première fois de nuit, à marée haute : nous n’étions que quelques touristes, et avec les lumières, l’atmosphère est vraiment différente le soir.

  • une deuxième fois le matin au lever du soleil, avec la marée basse mais montante (heureusement que j’étais venue en tongs !) : c’était incroyable de voir l’eau monter en même temps que le soleil se levait, et avec la pleine lune en arrière-plan. Il y avait quelques photographes, mais c’était quand même très calme. Un moment vraiment inoubliable !

  • après le petit-déjeuner, à marée haute : il y avait déjà un monde fou ! Ce n’était clairement plus la même ambiance. Nous avons alors fait la visite de l’intérieur, qui vaut quand même la peine (et à marée haute, c’est vraiment une visite unique puisque le temple est entièrement sur pilotis et entouré par l’eau).

Le Pavillon de Senjokaku

Non loin du sanctuaire Itsukushima se trouve le Pavillon de Senjokaku, une immense structure en bois qui offre de belles vues et vaut une visite rapide. Il se trouve à côté d’une pagode à cinq étages qui est encore plus ancienne que celui-ci.

Goûter aux Momiji Manju, la spécialité de Miyajima

Enfin, lors de votre visite de Miyajima, ne manquez pas de goûter à la spécialité gourmande de l’île, les « momiji manju », des petits gateaux en forme de feuilles d’érable (momiji), fourrés à la pâte de haricots rouges. Vous trouverez plusieurs boutiques qui en vendent dans la longue rue commerciale qui relie le ferry au sanctuaire d’Itsukushima. Très bon et un chouette souvenir à ramener !

 

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Texte et photos : Emmanuelle Hubert et Kevin Berger

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