Loin de l’image que l’on se fait souvent de la Chine, mon récent voyage à l’ouest de la Chine, aux confins du Tibet, m’a permis de vivre une véritable immersion dans une culture et des traditions millénaires, qui me marqueront probablement à jamais… Démarrant dans la région de Chengdu dans le Sichuan, célèbre pour ses pandas géants, nous avons ensuite progressé petit à petit vers les hauts plateaux tibétains, pour terminer dans la méconnue province du Qinghai. D’une séance de méditation dans un monastère tibétain, à la création de notre propre pierre de prière, en passant par cette inoubliable journée à partager la vie quotidienne d’une famille nomade, chaque jour de ce voyage a été riche en émotions. On parle souvent de voyages hors des sentiers battus, mais l’itinéraire que vous vous apprêtez à découvrir dans cet article l’est vraiment : durant les deux semaines de ce roadtrip inoubliable, nous avons été les seuls touristes occidentaux, reçus toujours avec une gentilesse incroyable par les locaux eux aussi perdus entre surprise et curiosité ! Si vous aussi vous avez envie de découvrir la culture tibétaine, cet itinéraire Ouest Chine est une introduction parfaite. Je partagerai également avec vous tous mes conseils pour bien organiser votre voyage, surtout si c’est votre premier voyage en Chine.
Disclaimer : voyage réalisé en collaboration avec Eastogo. Cet article peut contenir des liens affiliés. En réservant via ceux-ci, vous ne payerez pas plus cher mais je toucherai une petite commission qui me permettra de continuer à développer ce blog.
Plateau tibétain, Tibet, région autonome, préfectures autonomes… : un petit point géographique
Ce voyage à l’Ouest de la Chine était centré sur la découverte du haut plateau tibétain et de ses monastères. Mais avant de rentrer plus en détail dans cet itinéraire, il est important de d’abord clarifier la géographie et les termes utilisés. En effet, le plateau tibétain géographique ainsi que le Tibet historique s’étend bien au-delà des frontières administratives de la Région autonome du Tibet actuelle. Le Tibet historique, qui s’étend sur ce fameux « toit du monde », comprend ainsi quatre provinces (Kham, Amdo, Ngari et U-Tsang) dont les frontières chevauchent les provinces chinoises actuelles du Sichuan, Qinghai, Gansu et Yunnan.

Ce que cela veut dire en pratique, c’est qu’il est tout à fait possible d’avoir une véritable immersion dans la culture et les paysages tibétains sans devoir forcément entrer dans la Région autonome du Tibet, qui est l’une des régions les plus difficiles d’accès au monde. En effet, les conditions d’accès sont très limitées, il vous faut un permis et vous devrez être encadrés par une agence locale : vous n’aurez pas de véritable liberté de déplacement.
Il n’y a en revanche pas de limitations aussi strictes dans le Sichuan et dans le Qinghai, les deux provinces sur lesquelles nous nous sommes concentrés durant ce voyage. Cependant, dans ces provinces, vous trouverez des « Préfectures autnomes tibétaines » (comme Garzê ou Yushu), qui bénéficient elles aussi d’un statut particulier et d’un statut d’autonomie ethnique reconnu par le gouvernement chinois. Concrètement, cela veut dire que ces préfectures sont majoritairement habitées par des Tibétains, et certaines lois et règlementations sont adaptées pour préserver leur identité (par exemple en matière d’éducation, de langue ou de culture). En tant que touriste, on ne voit donc pas de grosses différences entre le Tibet actuel et ces préfectures. On y trouve les mêmes villages traditionnels, les mêmes temples bouddhistes tibétains, les mêmes spécialités locales,…
La Chine de l’Ouest avec Eastogo : la meilleure manière de tomber sous le charme de la Chine
Même si les régions tibétains du Sichuan et du Qinghai sont plus facilement accessibles aux touristes, il reste tout de même une grosse barrière de la langue, d’énormes différences culturelles, et une conduite parfois *très* sportive qui rend ce voyage difficilement réalisable sans l’aide de locaux. J’ai eu la chance de réaliser ce premier voyage en Chine avec l’agence Eastogo, une petite agence spécialisée dans les voyages privés sur mesure dans la région tibétaine.
C’est Z, le fondateur d’Eastogo et lui aussi un grand voyageur (il a traversé trois fois la Chine en stop !), qui m’a accompagnée durant ce voyage. Le Tibet est sa région préférée, et c’est pourquoi il a décidé d’organiser des tours dans cette région. Il a réussi à s’entourer d’une équipe aussi passionnée que lui, qui arrivent notamment à dégoter de véritables pépites de logements, là où je m’attendais parfois à un confort limité, quand on se trouve autant au milieu de nulle part. Je suis donc allée de surprise en surprise, avec même des équipements comme les distributeurs d’oxygène en diffusion dans les chambres qui m’ont grandement aidée à avoir une bien meilleure expérience avec l’altitude que lors de mon voyage au Pérou.
Mais leur expertise ne s’arrête pas là, puisque c’est aussi grâce à eux que j’ai pu réaliser des expériences que je n’aurais jamais pu faire par moi-même, comme la méditation dans un monastère, la journée avec les nomades des plaines, la rencontre avec les ours bruns tibétains sauvages, la réalisation de ma propre pierre de prière mani, et bien plus encore.
Nous avons voyagé dans le confort d’une voiture bien équipée (certaines des routes traversées seraient inaccessibles même en mini-bus), et nous avons aussi eu des guides locaux à certains endroits. Moi qui organise souvent mes voyages par moi-même, j’ai vraiment apprécié de ne pas avoir à me prendre la tête pour ce voyage, et de juste pouvoir me laisser porter, recevant tous les soirs le programme détaillé de la journée suivante.
Evidemment, voyager avec une agence offre aussi un encadrement qui peut vous sauver en cas de problème sur place, notamment à cause de l’altitude. Ainsi, l’une d’entre nous a du redescendre à basse altitude et en quelques heures, tout avait été arrangé pour elle.
Au niveau de la langue, les voyages proposés par Eastogo incluent toujours un chauffeur qui parle anglais, et vous pouvez rajouter un guide en supplément. Si vous avez du mal avec l’anglais, sachez qu’ils ont aussi de bons guides francophones, et notamment un super pour les voyages axés wildlife.
Le voyage que j’ai réalisé avec eux est une version allongée de leur itinéraire le plus classique, « The Whispering Winds of the Tibetan Plateau ». Il est possible de faire un itinéraire réduit en déjà une semaine, mais deux semaines nous ont permis d’explorer des endroits encore plus méconnus et d’avoir une immersion encore plus complète. Pour cet itinéraire, Eastogo propose aussi parfois des voyages en petit groupe, si vous voulez économiser un peu par rapport aux tarifs d’un voyage entièrement privé et sur mesure. Vous trouverez toutes les informations et pourrez faire une demande de réservation ou de devis sur leur site web eastogo.com.
Ouest Chine : mes conseils pratiques
Lorsque j’ai commencé à partager ce voyage sur mes réseaux sociaux, outre les questions d’organisation, j’ai été inondée de questions pratiques : comment ça se passe avec l’altitude ? est-ce qu’il fait froid ? est-ce qu’il y a internet ? est-ce que ce n’est pas trop piquant la nourriture ? Bref, si dessous voici mes conseils principaux basés sur ces différentes questions reçues !
L’altitude
Le plateau tibétain culmine à plus de 8000 mètres d’altitude, mais dans les régions du Sichuan et de Qinghai, on dépasse rarement les 5000 mètres d’altitude. L’altitude est sans doute le point qui fait le plus peur à beaucoup de personnes, et croyez-moi, je vous comprends ! La haute altitude amène toujours une certaine incertitude, car on ne sait jamais vraiment comment son corps va réagir. Ca dépend des personnes (plus que de la condition physique), et la manière dont vous supportez l’altitude peut aussi varier au cours de votre vie. Ceci étant dit, avec les bons conseils, il y a vraiment moyen de mettre toutes les chances de votre côté.
Pour être honnête, quand on m’a proposé de faire ce voyage, j’ai hésité un peu à cause de ce point, étant donné à quel point je gardais un mauvais souvenir de ma première expérience à très haute altitude, le Pérou, où l’altitude m’avait vraiment rendue très malade, avec peu d’amélioration au fil des jours. Mais avec les conseils de l’équipe d’Eastogo, je me suis rendue compte que, durant ce premier voyage, j’avais surtout fait tout ce qu’il ne fallait pas faire pour mettre toutes les chances de mon côté !
Les 3 choses qui ont vraiment le mieux marché pour moi :
- ne pas prende de douche ou de bain les premiers jours
- prendre une bonbonne d’oxygène les premières nuits si besoin
- ne pas trop manger le soir avant de dormir
En faisant bien attention, je n’ai eu mal à la tête que le premier jour où l’on a dépassé les 3500 mètres, puis j’avais seulement un petit mal de tête temporaire lorsque l’on passait des cols à plus de 4500 mètres d’altitude. Comme quoi j’ai vraiment bien fait de retenter l’altitude : j’aurais manqué l’un de mes plus beaux voyages sans cela !
Les applications
Vous le savez sans doute déjà, la Chine a ses propres réseaux sociaux, ses propres alternatives aux applications occidentales que nous utilisons tous les jours, et pas mal de sites ou d’app sont d’ailleurs bloqués en Chine, si vous n’utilisez pas de VPN.
Pour pouvoir naviguer en Chine sans encombre, il est très important de télécharger plusieurs applications sur votre téléphone AVANT votre voyage. Les plus importantes sont les suivantes :
- WeChat : pour communiquer avec votre guide ou chauffeur, partager votre position, scanner les QR codes sur les menus des restaurants, etc.
- Alipay : pour les payements mobiles – le cash n’est quasiment plus utilisé en Chine, mais les cartes Visa étrangères marchent très peu aussi. Vous devrez lier votre carte à Alipay pour ensuite présenter un QR code de paiement.
- VPN : je vois souvent le conseil d’acheter une application de VPN payante, mais le mieux pour moi est tout simplement de prendre une carte eSIM avec VPN inclus ! Par contre, pour une fois, je vous déconseille d’utiliser des sites comme Holafly ou Airalo : leurs réseaux sont très mauvais dans l’Ouest de la Chine. J’étais souvent la seule à avoir du réseau, avec ma eSIM achetée pour moitié moins cher sur Trip.com. Attention il faut absolument activer l’e-sim avant d’arriver en Chine (sinon ça ne fonctionne pas).
- Gaode Map : l’équivalent de Google Maps. Parfois difficile à prendre en main avec les noms chinois. J’ai quand même pas mal utilisé Maps.me, pas mal complet même si vous devez absolument télécharger la carta avant d’arriver en Chine aussi.
- DiDi : l’équivalent de Uber, en moins cher, pour se déplacer facilement en taxi.
Pour plus de détails, voir mon article détaillé.
Quelle est la meilleure période pour ce voyage ?
J’ai effectué ce voyage durant la seconde quinzaine de septembre. Le début de l’automne est déjà la fin de saison pour le plateau tibétain : en hiver, la neige et le gel peut rendre les visites plus compliquées (il peut faire jusqu’à -10 degrés et plus). En automne, il peut faire entre 5 et 20 degrés durant la journée (on avait l’impression de plus dès que le soleil était là, car l’air est très sec), et il faisait bien plus frais le soir (mais avec le chauffage partout dans les hôtels, on ne le sentait pas vraiment). Ceci étant dit, la météo peut vite changer à haute altitude, et nous avons de nombreuses fois enchaîné sur la même journé soleil, vent, pluie et même grêle ! La météo varie aussi en fonction de l’altitude : comptez en moyenne 6 degrés de moins tous les 1000 mètres de gain d’altitude.
En ce qui concerne les autres saisons, il semblerait que le printemps soit très tardif ici, et il peut aussi avoir un temps très changeant (entre 5 et 15 degrés). L’été peut être un peu plus chaud mais jamais avec des températures extrêmes (entre 3 et 27 degrés), il faut juste faire plus attentions aux indices UV. Cela correspond aussi à la saison des pluies pour l’Ouest du Sichuan. Le mois de novembre est le pic de la saison sèche, donc vous aurez le plus de change d’avoir un ciel bleu bien dégagé.
Bref, si vous avez envie d’un voyage en Asie sans forte chaleur, l’Ouest de la Chine est la destination parfaite !
Que mettre dans sa valise ?
Faire ma valise pour ce voyage a été très difficile, car je savais que je devais prendre de quoi pouvoir avoir différentes couches sur moi en permanence, mais la quantité à prendre était difficile à déterminer ! Etant donné les contraintes d’espace d’un voyage en voiture (vu l’agencement des voitures chinoises), je vous conseille de prévoir un sac à dos + une petite valise par personne, au maximum. C’est tout à fait réalisable, et au final j’ai même pris de trop !
Voici quelques spécificités à ne pas oublier de mettre dans votre valise :
- prenez beaucoup de « base layers » (leggings et t-shirts thermiques), par dessus lesquels vous pourrez empiler d’autres couches plus enconbrantes que vous ne devrez quant à elles pas changer tous les jours (pour un gain de place). Evitez le coton et privilégiez la laine de mérino ou les matières sythétiques (le coton sèche difficilement).
- Faites une petite trousse de pharmacie avec les médicaments classiques, une bonne crème solaire de minimum 50 SPF, un baume pour les lèvres également avec le même SPF, et si vous êtes sensibles du nez, personnellement je trouve que Rhinovita (en goutte) fait des miracles pour empêcher les saignements de nez et autres désagréments à haute altitude. De mon expérience, je déconseille par contre de prendre des traitements sous ordonnance préventifs pour le mal d’altitudes, qui peuvent avoir plus d’effets secondaires qu’autre chose (selon mon expérience lors de mon précédent voyage en altitude).
- Prenez un bon stock de mouchoirs et de lingettes à l’eau, pour vous laver les premiers jours (vu que les douches ne sont pas recommandées lors de la phase d’adaptation à l’altitude), et pour les arrêts toilettes en chemin (dont la propreté est souvent défaillante, soyez prévenus).
- Prenez une paire de chaussures chaudes et confortables mais que vous pouvez facilement retirer à l’entrée des temples (dans chaque monastère, il faut retirer, remettre, retirer, remettre… donc très important !).
- Si vous partez avec Eastogo, vous n’avez pas besoin de vous équipez en oxygène, ils auront tout ce qu’il vous faut au cas où !
- Prenez très peu ou pas de cash, tout se fait en paiement digital sur Alipay ou WeChat.
- Ne prenez PAS de batteriee externe : suite à de nouvelles réglementations en Chine, toutes les batteries non agréées par la Chine (l’essentiel des batteries non-chinoises…) seront confisquées à la sortie du territoire. Les seules batteries acceptées sont celles portant la mention CCC. Vous pouvez en acheter une pour pas cher à votre arrivée à Chengdu.
La nourriture
Il n’y a pas une seule gastronomie chinoise, mais des multitudes de gastronomies régionales au coeur de chaque province. La gastronomie sichuanaise est riche en piments et très épicée, mais une fois que l’on avance vers le haut plateau tibétain, les plats traditionnels du Sichuan sont petit à petit remplacés par la cuisine tibétaine, qui est très différente, moins voire pas piquante et très centrée sur le yak (et ses « produits dérivés » comme le fromage ou le lait) dégusté à toutes les sauces (le hot pot de yak est un incontournable).
Contrairement à ce qu’on pourrait le croire, les bouddhistes tibétains ne sont en général pas entièrement végétariens, car c’est trop compliqué à cette altitude. Il peut donc être assez difficile pour les végétariens de trouver leur bonheur dans cette région. La suprémacie du yak dans les assiettes reflète par contre l’idée qu’il vaut mieux manger de gros animaux car une seule vie peut ainsi nourrir une famille pour une année entière.
Les portions sont toujours gigantesques et on mange très bien, partout, pour vraiment pas cher. Comptez grand maximum 10€ par repas, parfois beaucoup moins.
Le respect des coutumes locales
Voici aussi quelques règles et coutumes à garder en tête durant votre voyage :
- Ne pas monter sur les stupas.
- Ne pas toucher les drapeaux de prières, ne pas marcher dessus (il faut passer en dessous ou les contourner).
- Toujours tourner les roues de prière dans le sens des aiguilles d’une montre et pas trop rapidement.
- On est souvent accueillis avec une écharpe cérémonielle, le khata : il faut l’accepter avec les deux mains et le garder autour de votre cou.
- On peut photographier l’extérieur des monastères (sauf exceptions indiquées), mais on ne peut pas photographier les statues de bouddha (donc souvent, on interdit tout simplement les photos en intérieur).
- Il faut retirer ses chaussures, bonnet et lunettes avant de rentrer dans les temples, ne pas marcher sur le seuil des portes, et ne pas toucher les statues, les écritures ou tout autre objet religieux.
Conditions d’accès
La Chine vient d’annoncer l’extension de la suspension du Visa pour une série de pays dont la France et la Belgique jusque fin décembre 2026. C’est donc le moment parfait pour visiter le pays sans avoir aucune démarche à faire avant votre arrivée. Si votre pays n’est pas inclus dans l’exemption, il vous faudra passer par l’ambassade chinoise la plus proche de chez vous pour obtenir votre Visa avant votre voyage.
Deux semaines en Chine de l’Ouest : mon itinéraire détaillé
Vous trouverez ci-dessous un « petit » résumé de l’itinéraire de 2 semaines qui a été concocté pour nous par Eastogo. Il est honnêtement difficile de mettre des mots sur cette expérience. Si vous cherchez une destination pour vous recentrer, pour développer votre spiritualité, pour vraiment vous dépayser : l’Ouest de la Chine fera tout ça pour vous !
Cet itinéraire se concentre sur les régions tibétaines de Kham et Amdo, à l’intérieur des provinces chinoises du Sichuan et du Qinghai. Ce trajet permet d’aller progressivement vers des altitudes de plus en plus élevées, mais aussi vers des coins de plus en plus sauvages et méconnus de Chine. Ce voyage, c’était aussi prendre l’habitude d’observer, d’écouter tous les jours les prières dans les monastères, s’émerveiller face aux paysages qui changent constamment, en ouvrant l’oeil pour essayer d’observer un cerf, un singe ou même un ours. Je dois aussi mentionner qu’en dehors des Emirats, je ne me suis jamais autant sentie en sécurité durant en voyage. Quelles qu’en soient les raisons, cela a rendu ce voyage encore plus agréable : à aucun moment on ne vous pousse à acheter quoi que ce soit, et ce sont des sourires qui vous accueille partout, sans aucune arrière pensée.
Pour ne pas rendre cet article encore plus long qu’il ne l’est déjà, je ne détaillerai pas beaucoup chaque visite ici. Si vous voulez plus de détail sur l’histoire de chaque site visité, je vous renvoie à mes deux autres articles détaillés :
- Mon voyage au Sichuan : des pandas aux confins du Tibet
- Visiter le Qinghai : la province sauvage et méconnue de Chine
Jour 1 : Chengdu
Mon voyage a commencé à Chengdu, où je suis arrivée après une escale à Hong Kong. Je n’ai eu qu’une demi-journée pour visiter la ville, et je me suis donc concentrée sur le quartier de Wu Hou, l’un des quartiers historiques de Chengdu, où nous avons visité son célèbre sanctuaire, avant de manger un excellent hot pot typique de la région du Sichuan (un délice), puis de finir la journée avec une belle balade dans la Jinli Ancient Street, qu’il faut absolument visiter de nuit pour profiter de son atmosphère toute illuminée, même si ça reste fort touristique.
Hébergement : 1 nuit à Chengdu au 鹿喜安伦酒店 (Luxianlun Hotel) – un hôtel moderne et très confortable, un peu éloigné du centre-ville mais proche d’un arrêt de métro (facile à rejoindre depuis l’aéroport).
Jour 2 : les pandas de Wolong et le village tibétain de Zhonglu
Nous avons quitté Chengdu de bon matin pour rejoindre l’un des nombreux centres de reproduction et de réintroduction de pandas géants de la région du Sichuan. Eastogo vous emmène à la Shenshuping Base du Wolong China Giant Panda Base, qui est la base la moins touristique et avec le cadre le plus naturel dans la région de Chengdu. On peut y observer plus de 70 pandas, de très près. Bien sûr, c’est impossible de venir dans le Sichuan sans voir des pandas et je peux vous dire que nous avons commencé ce voyage avec un grand sourire aux lèvres…
Après la visite, nous avons mangé dans un petit restaurant tibétain à proximité notre premier hot pot au yak du voyage (et le meilleur !).
L’après-midi fut passée sur la route, avec un arrêt pour voir le Mont Siguniang (qui était malheureusement un peu caché). Nous sommes arrivés en fin de journée au village tibétain de Zhonglu (2100 mètres d’altitude), connu pour son architecture traditionnelle et… la beauté de ses femmes !
Le soir, notre hôtel nous a proposé d’essayer les vêtements traditionnels du village, et nous a appris quelques danses autour du feu de bois !
Hébergement : 1 nuit à Zhonglu au 贡谷堡民宿 (Gonggubao Guesthouse) – un charmant boutique hôtel inattendu dans ce village traditionnel ! J’ai dormi dans une chambre spacieuse disposant d’un bain avec vue et d’un toit ouvrant pour observer les étoiles !
Jour 3 : de Zhonglu à Tagong
La montée en altitude continue à se faire petit à petit, et nous passons de 2100 mètres à 3730 mètres, à Tagong où nous resterons deux jours. La route vers Tagong est assez longue, mais aussi très scénique. Nous traversons d’abord de belles gorges verdoyantes, avant de monter en altitude et de voir les paysages changer au fur et à mesure.
A notre arrivée à Tagong, nous commençons par manger sur le pouce dans un petit restaurant de nouille en face du Monastère de Tagong (Lhagang). Le reste de l’après-midi est consacré à la visite de celui-ci, et nous avons eu beaucoup de change car nous sommes tombés le jour d’un grand festival. Dans ce cadre, nous avons eu l’autorisation unique de filmer et photographier les moines durant leurs prières, pour bénir les gâteaux au beurre de yak et autres snacks qui allaient ensuite être distribués à la foule.
Nous avons aussi fait un détour par le Monastère de Muya, l’un de mes préférés de ce voyage, où sont recueillis des animaux sauvages sauvés par les moines. Muya est aussi l’un des plus anciens temples tibétains, et son cadre avec les montagnes enneigées en arrière plan est vraiment incroyable.
Juste à côté, nous avons aussi rapidement visité le Monastère de Ani Gompa, réservé quant à lui aux femmes, avant de revenir au Monastère de Tagong pour la surprise de la journée : une initiation à la méditation dans le jardin de stupas du temple, guidés par un moine. Un moment vraiment hors du temps !
Hébergement : 2 nuits à Tagong au Xingshan Ji Hotel – un tout nouvel hôtel situé un peu à l’extérieur de la ville, dans un sublime cadre naturel, face aux montagnes. Chambre équipée de diffuseur d’oxygène, ce qui est vraiment très utile ici !
Jour 4 : une journée avec les nomades du plateau tibétain
Notre seconde journée à Tagong fut bien différente, puisque nous avons quitté la ville pour prendre encore un peu plus de hauteur et aller passer la journée avec les nomades des plaines (Tagong Grasslands). C’était l’une des expériences que j’attendais avec le plus d’impatience durant ce voyage, et je n’ai pas été déçue ! Nous avons vraiment vécu leur vie quotidienne, avec la traite des yak, la préparation du repas (tsampa, le plat traditionnel des nomades) et nous avons même pu faire un peu de cheval !
Jour 5 : de Tagong à la vieille ville de Letong
Avant de quitter Tagong, nous avons assisté à la prière du matin au Monastère de Tagong, ainsi qu’aux préparatifs d’un mariage traditionnel qui allait se tenir en ville.
En empruntant la route scénique des « 18 Bends of the Heavenly Road » (un enchaînement de tournants en épingle assez impressionnant !), nous avons ensuite pris la route en direction de la ville de Litang (4014 mètres d’altitude), le centre culturel de la région tibétaine de Kham.
A Litang, nous avons découvert la vieille ville de Letong et le Qianhu Tibetan Village, un village tibétain millénaire qui a gardé beaucoup de charme. Le soir, nous avons pu observer les jeunes danser le Guozhuang sur la place principale, une occupation journalière ici : quelle belle ambiance !
Hébergement : 1 nuit à Litang au 牧者 理塘 (Muzhe Hotel) – un boutique hôtel situé dans un bâtiment à l’architecture traditionnelle. Toutes les chambres sont décorées différemment et ont beaucoup de charme. L’hôtel se trouve directement dans le village traditionnel.
Jour 6 : de Litang au Mont Genyen
Avant de quitter Litang, nous avons consacré la matinée à la visite du Monastère de Changqingchunke’er, un grand complexe qui constitue l’un des plus vieux monastères bouddhistes de la secte Gelugpa de la région. Ses halls richement décorés valent vraiment le coup d’œil.
Ensuite, nous avons pris la direction de la région du Mont Genyen (une montagne sacrée pour les tibétains), en empruntant la première (mais pas la dernière !) piste non goudronnée de ce voyage. Nous entrons dans une région aux paysages alpins étonnants mais sublimes.
Nous faisons une pause pour manger au village de Xiazetong, perdu au milieu des montagnes. Celui-ci est connu pour ses sources chaudes, mais celles-ci étaient malheureusement inaccessibles lors de notre voyage à cause de travaux. A proximité du village, avec un peu de chance, vous pourrez aussi voir des marmottes très peu farouches !
Un peu plus loin, nous nous arrêtons ensuite pour une balade au lac alpin surnommé « The Eye of Genyen », un endroit très scénique, où les chinois aiment beaucoup aller faire voler leur drone (le lac est encore plus scénique vu d’en haut, il faut le reconnaître).
Nous sommes finalement arrivés à notre destination du jour, le village de Zeba (4000 mètres d’altitude), d’où nous sommes partis pour finir la journée avec une randonnée jusqu’au pied du glacier. J’ai souffert avec le manque d’oxygène durant la montée à pic, mais ça en valait la peine !
Hébergement : 1 nuit au Zeba Village au 山屿民宿 (Shanyu Guesthouse) – un « motel » à la chinoise très récent, avec vue sur les montagnes et le glacier ! Nous avions à nouveau une alimentation en oxygène dans la chambre, qui m’a été très utile après la randonnée…
Jour 7 : randonnée au vieux Monastère de Lenggu et route vers Batang
Une bonne partie de la journée suivante a été consacrée à la randonnée menant du nouveau à l’ancien Monastère de Lenggu, l’un des plus importants temples du bouddhisme tibétain. La randonnée de 8 km était assez facile d’accès, surtout après quelques jours d’acclimatation, et nous a offert de superbes vues.
Après un lunch au village de Zeba, nous avons parcouru la pire piste du voyage : plus d’une heure pour faire à peine 10 km, c’était une vraie aventure ! Heureusement, nous avons ensuite retrouvé le tarmac pour passer un nouveau col à près de 4800 mètres d’altitude, qui nous a offert certains des plus beaux paysages de ce voyage !
Nous avons passé la nuit à Batang (3300 mètres), une petite ville animée qui se trouve juste à la frontière entre le Sichuan et le Tibet.
Hébergement : 1 nuit à Batang au 禅境古树富氧酒店 (Chanjing Gushu Oxygen Hotel) – un hôtel moderne situé en ville, avec également un bon restaurant (nous y avons notamment goûté aux fameux oeufs de 100 ans).
Jour 8 : les Monastères de Baiyu et Katok
Encore une journée passée d’un monastère à l’autre, à la frontière entre le Sichuan et le Tibet : d’abord le Monastère de Baiyu, perché au sommet du village de Baiyu (où nous retournerions dormir le soir)…
Puis le Monastère de Katok, certainement l’un des plus beaux du voyage. Perché au sommet d’une montagne, ce temple-village est riche dans tous les sens du terme. C’est aussi l’un des seuls monastères avec un « temple stay » pour les touristes, qui était malheureusement fermé lors de notre voyage. Mais sachez que c’est le type d’expérience qu’Eastogo peut aussi prévoir pour vous !
Hébergement : 1 nuit à Baiyu au 扎西优嘉民宿 (Zhaxi Youjia Guesthouse) – un petit hôtel au coeur de Baiyu, où j’ai logé dans une chambre spacieuse de style tibétain.
Jour 9 : le Monastère de Zhuqing et route vers Dege
Notre tournée des monastères tibétains continue avec la visite du Monastère de Zhuqing (Dzogchen, 4000 mètres d’altitude), qui est le plus important monastère de l’école Nyingma du bouddhisme tibétain. Le complexe du monastère, situé au pied du Mont Que’er, est très étendu et on peut vivre ici une autre expérience unique : celle de manger un repas végétarien à la cantine du monastère ! Ne vous attendez as au niveau de finesse des temples bouddhistes japonais ou coréens, mais cela reste une expérience à ne pas manquer.
Nous sommes redescendus dans la ville de Dege (3290 mètres d’altitude), un autre centre culture de la préfecture de Garzê, connue comme la porte d’entrée nord du Tibet. Dege a une riche histoire, que nous allions en partie découvrir le lendemain. En attendant, nous avons pu observer en fin de journée un cortège de moines rentrant d’avoir prié en montagne, et nous avons passé la soirée dans un super petit restaurant népalais bien caché (il y a aussi une grande communauté népalaise dans cette région).
Hébergement : 1 nuit à Dege au 格萨尔王府大酒店 (King Gesar Palace Hotel) – un hôtel un peu kitsch mais bien situé, au coeur de Dege.
Jour 10 : Dege Printing House et route vers Yushu via le temple de Xianggu
La matinée a été consacrée à la visite de la Dege Printing House (Imprimerie de Dergué), classée au Patrimoine immatériel de l’UNESCO pour son rôle dans la sauvegarde du patrimoine tibétain. 320.000 blocs gravés y sont préservés (c’est la plus grande collection au monde). Le papier d’impression est réalisé avec une plante rare tibétaine, le langdu.
Après un autre repas mémorable dans un petit village perdu à la frontière des trois provinces (Tibet, Sichuan, Qinghai), nous avons quitté la route principale et laissé définitivement derrière nous la province du Sichuan pour nous rendre au temple de Xianggu.
La route a mis mes nerfs à rude épreuve, mais le détour en valait définitivement la peine, puisque c’est l’endroit où vous aurez le plus de chance d’observer des ours bruns tibétains sauvages ! Les moines ont pris l’habitude de leur laisser leurs restes, lorsqu’ils en ont. Ils ont mis des barrières pour que les ours puissent descendre tranquillement de la montagne le soir, vérifier s’il y en a. On a notamment vu descendre une maman ours avec tous ses petits, un très beau moment.
Nous sommes arrivés en fin de journée à Yushu, une grande ville située à 3689 mètres d’altitude, et notre première étape dans la province de Qinghai. Entre tradition et modernité, Yushu possède notamment une grande variétés de restaurants, dont des restaurants occidentaux, si comme mes compagnons de voyage ce soir-là, cela vous manque !
Hébergement : 2 nuits à Yushu au 全季酒店 (Ji Hotel) – sans doute le meilleur hôtel de ce voyage, tout nouveau, très moderne, et avec un style minimaliste qui m’a un peu rappelé certains hôtels japonais. Il se situe en plein coeur de la ville de Yushu.
Jour 11 : une journée à Yushu
Yushu, et les nombreux temples qui l’entourent, méritent au moins une journée complète de visite. Nous avons commencé notre journée à l’endroit le plus unique de la ville, la Jiana Mani Stone City, où se trouve le plus grand ensemble de pierres mani (pierres gravées de mantras bouddhistes tibétains) au monde. Nous avons même pu graver notre propre pierre et venir la déposer sur cet énorme mur formé par toutes les pierres mani, où elle restera à présent pour l’éternité…
Après un repas dans un petit restaurant spécialisé dans les plats à base de tofu soyeux (délicieux), nous avons poursuivi avec la visite du Monastère de Jiegu, qui domine la ville de Yushu, offrant de superbes vues sur tous les alentours.
Un peu plus à l’écart de la ville, nous avons aussi visité le temple Princess Wencheng, connu pour ses statues sculptées dans la roche (que je n’ai malheureusement pas pu prendre en photo), avant de rentrer à Yushu pour un peu de temps libre dans la ville !
Jour 12 : safari au Qinghai
Nous laissons la ville animée de Yushu derrière nous ce matin-là pour un nouveau changement d’ambiance total : en effet, nous entrons dans la région appelée « Xingxing Sea », connue pour sa multitude de petits lacs éparpillés au milieu de plaines sauvages. C’est aussi un excellent endroit pour observer les animaux dans leur milieu naturel. Après un lunch inattendu sur la route, où nous avons trouvé les meilleurs dumplings que j’ai mangé de toute ma vie, dans un petit shop perdu au milieu de nulle part, nous avons donc passé notre après-midi sur une route secondaire en mode « safari », à la recherche de la wildlife.
On peut y voir des antilopes du Tibet, de nombreux types d’oiseaux et notamment des rapaces, d’encore plus nombreux pikas (cousins du lapin, qui sont très difficiles à prendre en photo car très rapides !) ou encore des Kiangs ou ânes sauvages du Tibet, très drôles à observer. Avec un peu de chance (nous n’en avons pas vu), il est aussi possible d’observer des loups ou des renards du Tibet.
Nous avons fini la journée à Maduo, à 4500 mètres d’altitude (la plus haute étape de ce voyage). Il n’y a pas grand chose à y faire, mais c’est un arrêt nécessaire pour couper la route vers Xining. A Maduo, nous entrons dans une région où se trouve une minorité musulmane chinoise, les Hui. Le soir, nous avons pu goûter à la grande spécialité de la région, l’agneau, dans un petit restaurant Hui.
Hébergement : 1 nuit à Maduo au 扎陵湖酒店 (Zhaling Lake Hotel) – un hôtel simple, mais avec une arrivée d’oxygène dans la chambre (uniquement le soir et la nuit).
Jour 13 : de Maduo à Xining
Après cette dernière nuit à plus de 4000 mètres d’altitude, j’étais quand même contente de commencer la descente en direction de Xining, la très moderne capitale de la province de Qinghai, autrefois un arrêt important sur la Route de la Soie. Une journée de plus de 6 heures de route, au cours de laquelle les troupeaux de yak sont progressivement remplacés par les troupeaux de moutons – cela sent vraiment la fin du voyage !
Nous mangeons d’excellentes nouilles (apparemment très réputées) le midi à Gonghe County, avant de visiter notre dernier temple du voyage, le monastère de Ta’er près de Xining, un des six grands monastères de l’école de Gelugpa. Retrouver les touristes ne m’avait pas manqué, après deux semaines loin des foules !
Nous arrivons en fin d’après-midi à Xining, pile à temps pour ne pas manquer l’activité incontournable à faire ici : la visite du night market ! C’est l’endroit parfait pour découvrir les spécialités Hui, avec une mention spéciale pour le kebab et surtout le gâteau à la rose, dont je rêve encore…
Hébergement : 1 nuit à Xining au 艾伦格花园酒店 (Ailunge Garden Hotel) – un excellent hôtel tout récent, à la déco tendance, et avec un service en chambre effectué par des robots !
Jour 14 : Xining et départ
Nous voici déjà à la fin de notre itinéraire ! Avant de reprendre l’avion depuis Xining, il me restait une demi-journée pour découvrir la ville par moi-même. La ville de Xining est très étendue, et j’ai donc décidé de me contenter de découvrir la partie de la ville accessible à pied depuis mon hôtel – ce fut une bonne idée, puisque je suis tombée sur une allée commerçante vraiment charmante, la Shuijing Lane, et j’ai trouvé un soufflé au matcha incroyable à l’intérieur d’un petit food court vintage.
Tout comme les pandas sont partout à Chengdu, les mascottes de Xining sont les léopards des neige ! Nous n’avons pas eu l’occasion d’en voir lors de ce voyage (ils sont très difficiles à observer), mais sachez qu’Eastogo organise aussi des voyages qui leur sont entièrement consacrés.
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