Province chinoise probablement la plus méconnue du plateau tibétain, le Qinghai n’est clairement pas l’image que l’on se fait en général de la Chine. Terre des léopards des neiges et d’une multitude d’autres animaux sauvages, c’est une région qui plaira en particulier aux amoureux de la nature. Et si de longues distances séparent ses villes, vous pourrez y découvrir une riche histoire et une aussi riche culture, la culture tibétaine se mélant ici à celles des minorités mongoles ou Hui (musulmanes). J’ai découvert le Qinghai durant la seconde partie de mon itinéraire de 2 semaines dans l’Ouest de la Chine, et je vous propose dans cet article de découvrir tous les endroits incontournables que j’ai pu y visiter.
Disclaimer : voyage réalisé en collaboration avec Eastogo. Cet article peut contenir des liens affiliés. En réservant via ceux-ci, vous ne payerez pas plus cher mais je toucherai une petite commission qui me permettra de continuer à développer ce blog.
Observer les animaux sauvages dans le Qinghai
Le Qinghai est la destination parfaite pour faire un « safari » en Chine, et ses animaux sauvages sont pour moi l’une des raisons principales pour aller vous « perdre » dans cette région chinoise un peu plus difficile d’accès que le Sichuan, mais tout aussi riches en belles découvertes.
Si c’est l’observation animalière qui vous intéresse, je vous recommande de faire appel à une agence locale, car les animaux ne sont pas faciles à trouver par vous-mêmes. J’ai effectué ce voyage avec Eastogo, une agence locale spécialisée dans les voyages sur le plateau tibétain, et je ne peux que vous les recommander. La wildlife n’était pas l’objectif premier de ce voyage (qui était principalement axé sur la culture tibétaine), mais ils ont des guides (anglophones et francophones) spécialisés pour des voyages centrés sur les animaux sauvages, en particulier le léopard des neiges, star de la province (oui, à la sortie de la province vous aurez même droit à un cachet en forme de patte de léopard sur votre carte d’embarquement, ils sont obsédés à ce point avec ces animaux – et je trouve ça trop cool !).
Les léopards des neiges
La Chine possède 60% de la population mondiale de léopards des neiges (panthères des neiges), qui est estimée à seulement 4000-6000 individus (dans leur milieu naturel). Selon les chercheurs, on trouverait environs 1000 léopards des neiges, avec une densité de 0,9 léopard par 100 mètres carré dans la région de Sanjianyuan dans la pronvice de Qinghai. Vous le comprendrez donc, c’est ici que vous aurez la meilleure chance d’en voir, mais cela reste tout de même comme chercher une aiguille dans une botte de foin !
Pour augmenter vos chances de voir ces félins très furtifs, il faut absolument consacrer plusieurs jours de votre voyage à ceux-ci. En effet, les zones où l’on peut les observer dans le Qinghai sont assez difficiles, ou en tout cas longues d’accès. Et il faut bien garder en tête qu’il n’y a jamais de garantie d’en voir, même avec les guides expérimentés, qui ont déjà des centaines d’observations à leur compteur. J’adorerais vraiment revenir dans le coin pour un de ces voyages en mode « safari » !
Les ours bruns tibétains
Un animal tout aussi impressionnant, mais que vous aurez beaucoup plus de chance de pouvoir observer dans son état sauvage dans le Qinghai, c’est l’ours brun tibétain (« Tibetan Brown Bear »). Enfin, surtout à un endroit : le temple de Xianggu. En effet, ce petit temple perdu au milieu de nulle part (avec une route d’accès qui vous donnera quelques sueurs) a la particularité de donner les restes de leurs repas aux ours sauvages des forêts voisines. Ceux-ci ont donc pris l’habitude de descendre de leur montagne tous les soirs pour venir voir s’ils auront à manger. Le temple a installé des barrières dans la zone où ils viennent se nourrir, il n’y a donc aucun danger à venir les y observer.
Il n’y a par contre pas de garantie d’en voir, ni d’heure précise (c’est à la fin de leur repas du soir) et il n’y a pas de restes tous les jours : lorsqu’il y en a, les ours restent plus longtemps. Nous avons tout de même eu la chance de voir deux ours adultes et une maman avec sa ribambelle de petits ! Attention à ne pas faire de gestes trop brusques, car même s’ils sont habitués au temple, ils restent sauvages et assez peureux.
Si vous n’avez jamais vu d’ours sauvages de près, c’est vraiment le meilleur endroit pour en voir, peut-être bien de toute la Chine !
Les antilopes
Il est assez facile d’osberver plusieurs types d’antilopes sur les hauts plateaux du Qinghai. La plus célèbre, mais un peu moins facile à voir, c’est l’antilope tibétaine, qui occupe les steppes et les plaines herbeuses de la région.
Le gouze tibétain ou goa tibétain est une plus petite antilope des hauts plateaux, qui est quant à elle beaucoup plus facile à observer (et assez curieux comme animal). Nous en avons vu beaucoup dans la région surnommée la « Mer de Xingxing » (à cause de ses lacs), entre Yushu et Maduo.
Le kiang (âne sauvage du Tibet)
Les kiangs ou ânes sauvages tibétains sont assez nombreux dans les steppes et prairies du haut plateau tibétains. Il s’agit du plus grand équidé d’Asie, et ils sont fascinants à observer !
Les pikas
Les pikas sont des cousins du lapin, et un autre emblème du Qinghai ! Ce petit mammifère se reconnaît à ses grandes oreilles, et il faut chercher les trous formés par ses terriers pour essayer de l’aperçevoir : il se déplace rapidement !
Les loups et les renards
Si vous avez un peu plus de chance que nous, vous pourrez peut-être également voir des loups (il y a 40% de chance d’en voir dans la région) et les ultra mignons renards et renards du Tibet. J’ai vu un renard « classique » (ça ne me changeait pas trop de Bruxelles !), mais les renards tibétains, plus petits, semblent vraiment être les plus mignons !
Les yaks sauvages
Et évidemment, il est impossible de parler d’animaux sans mentionner la star du plateau tibétain, que vous êtes sur de voir un peu partout, y compris sur les routes ! Les yaks des troupeaux sauvages sont en général encore plus robustes que ceux des troupeaux domestiqués.
Les villes du Qinghai : Yushu et Xining
Mais le Qinghai, ce sont aussi des villes qui semblent perdues au beau milieu de nulle part, mais qui sont étonnamment riches en culture et en histoire. Nous en avons découvert deux : Yushu, au sud, et Xining, la capitale de la province.
Yushu et ses temples
Située à plus de 3600 mètres d’altitude, la ville de Yushu est l’une des villes où la culture tibétaine est encore la plus vivante. La ville est notamment connue pour ses festivals, et pour ses monastères. Nous en avons visité plusieurs.
Surplombant la ville de Yushu, le Monastère de Jiegu est le principal complexe de temples du centre-ville et est célèbre dans toute la région tibétaine. Il s’agit d’un temple de la secte Sakya, et durant son apogée (durant les dynasties Ming et Qing) le monastère accueillait plus de milles moines.
Un peu en dehors du centre-ville, dans la Vallée de Baina, se trouve un antre temple très célèbre, le Temple Princesse Wencheng. Le nom de ce temple fait référence à une figure clé de l’histoire des relations entre la Chine et le Tibet : la Princesse Wenchang, qui fut envoyée au 7ème siècle depuis la cour des Tang pour épouser le roi tibétain Songtsen Gampo. Ce mariage est considéré comme un symbole d’alliance et de paix entre la Chine et le Tibet, mais aussi comme un des moments fondateur pour la diffusion du bouddhisme au Tibet. Selon la légende, la princesse aurait apporté avec elle d’importants textes bouddhistes, des reliques et une statue sacrée du Bouddha. Le temple érigé en son honneur est aujourd’hui un haut lieu de pèlerinage qui lui est dédié. La particularité du temple est qu’il est directement construit dans la roche. Je n’ai pas pu prendre des photos des statues sculptées à même la roche, mais c’est magnifique et un endroit vraiment mystique.
A quelques minutes de là, ne manquez pas non plus de vous arrêtez au temple bouddhiste de Chan (Chuang), qui est aussi une académie bouddhiste.
L’autre particularité de Yushu est que l’on y trouve le plus grand ensemble de pierres mani au monde, la Xinzhai Jiana Mani Stone City, qui fut fondé en 1715 par le premier Jiana Living Buddha du Monastère de Jiegu. Les « Mani Stones » sont des pierres gravées avec des mantras bouddhistes. Elles doivent leur nom au mantra le plus célèbre du bouddhisme tibétain, « Om Mani Padme Hum ». On en retrouve dans toute la région tibétaine, mais pas autant que ce que vous en trouverez donc à Yushu, où des milliers et milliers de pierres déposées au fil des ans par les pélerins forme aujourd’hui un énorme mur de pierres, autour duquel tournent les pélerins tout en priant.
Yushu est également une super étape si vous avez envie de varier les plaisirs culinaires, avec une multitude d’options de cuisines asiatiques et occidentales. Et nous y avons dormi dans l’un des meilleurs hôtels de ce voyage, le Ji Hotel, un tout nouvel hôtel design vraiment très confortable.
Xining, au coeur de la culture Hui
Mon voyage dans le Qinghai (et en Chine) s’est terminé à Xining, la capitale de la province, à « seulement » 2275 mètres d’altitude, qui m’a offert un changement d’ambiance complet après deux semaines en immersion dans la culture tibétaine (et à 3000-5000 mètres d’altitude !). Son nom signifie la « paix à la frontière ouest » et la ville a plus de 2100 ans d’histoire. Autrefois, il s’agissait d’un des arrêts principaux sur l’ancienne Route de la Soie, ainsi que sur la route Tang-Tubo, une ancienne route de commerce entre la Chine impériale et le Tibet.
A Xining, la culture tibétaine se mélange à la culture de la minorité musulmane chinoise des Hui : à côté des temples bouddhistes toujours présents, on trouve aussi des mosquées et toute une scène gastronomique très différente de ce que j’avais pu manger jusque là.
Pour découvrir la gastronomie Hui, le mieux est de vous rendre au Night Market de Xining ! Vous pourrez y déguster des spécialités locales comme l’agneau (délicieux), plein de plats dont j’ai déjà oublié le nom, et surtout des gâteaux à la rose dont je rêve encore !
Le centre commercial animé de Xining mérite aussi une petite balade, surtout dans la zone de la Shuijing Lane, une ruelle commerçante un peu rétro, où nous avons dégôté une arcade vintage vraiment très mignonne (et l’un des meilleurs soufflés au matcha que j’ai pu manger !).
Nous pouvions y accéder à pied depuis notre hôtel, le tout récent Ailunge Garden Hotel, qui est une très bonne base pour découvrir Xining et ses environs.
A proximité de la ville se trouve également le Monastère de Ta’er (Kumbum), l’un des plus importants monastères bouddhistes tibétains : il s’agit de l’un des six grands monastères de l’école Gelugpa ainsi que le lieu de naissance de son fondateur, Maître Tsongkhapa. Le complexe du temple vieux de plus de 600 ans abrite aujourd’hui de nombreux trésors. On peut notamment y découvrir des oeuvres incroyables réalisées à partir de beurre de yak (oui !), conservées dans le froid, et qui sont créées tous les ans.
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