Le Sichuan est surtout connu pour ses pandas et sa gastronomie épicée, mais cette province du sud-ouest de la Chine a bien plus à offrir. Avec ses paysages montagneux préservés, rappelant même parfois les Alpes, ses villages tibétains traditionnels perchés et ses temples bouddhistes millénaires, le Sichuan offre une incroyable diversité d’expériences, et est la destination parfaite pour un premier voyage en Chine. Entre culture, nature et spiritualité, le Sichuan a été l’une de mes plus belles découvertes de ces dernières années. Lors de mon voyage de deux semaines dans l’Ouest de la Chine, j’ai eu l’occasion d’explorer l’Ouest du Sichuan, laissant derrière nous l’animation de sa capitale Chengdu pour explorer les merveilles du haut plateau tibétain.
Disclaimer : voyage réalisé en collaboration avec Eastogo. Cet article peut contenir des liens affiliés. En réservant via ceux-ci, vous ne payerez pas plus cher mais je toucherai une petite commission qui me permettra de continuer à développer ce blog.
Que faire dans le Sichuan ?
Dans cet article, je reviens en détail sur les destinations à ne pas manquer dans la province de Sichuan. Cet article vient compléter mon itinéraire détaillé de 2 semaines, où vous trouverez plus de détails pratiques pour organiser votre voyage.
Mon voyage dans le Sichuan a été organisé par l’agence locale Eastogo, qui est spécialisée dans les voyages sur mesure sur le plateau tibétain. Si vous n’avez pas envie d’affronter par vous-mêmes les galères d’organisation que la Chine peut représenter, je ne peux que vous les recommander !
Chengdu
Evidemment, impossible de visiter le Sichuan sans découvrir sa capitale animée, Chengdu. Fondée il y a plus de 2 300 ans, Chengdu est l’une des plus anciennes villes de Chine à être restée continuellement habitée. Lieu de naissance du royaume de Shu Han, elle est restée le cœur culturel et économique de la région du Sichuan, et traditions et modernité s’y mélangent parfaitement aujourd’hui.
Il vous faudra plusieurs jours pour faire le tour de tous les quartiers intéressants de cette ville moderne très étendue (qui a heureusement un bon système de métro). Durant vos explorations, vous pourrez faire une overdose de pandas géants, qui sont vraiment la mascotte de la ville : on retrouve leurs formes attachantes sur les bâtiments, dans les desserts, les boutiques souvenirs… Ils sont partout !
Si comme moi, vous n’avez qu’une journée pour explorer Chengdu, je vous recommande de vous concentrer sur le quartier de Wuhou, l’un des plus agréables et typiques de la ville. On y trouve le temple Wuhou, dédié au célèbre stratège Zhuge Liang, ainsi que l’ancienne rue Jinli, bordée de maisons traditionnelles, de boutiques d’artisanat et de petits stands où vous pourrez goûter aux spécialités locales (à visiter de nuit pour profiter d’une ambiance féerique). S’il vous reste du temps, prolongez la balade avec un tour au People’s Park et passer par le scénique pont Anshun, magnifiquement illuminé de nuit.
Où voir des pandas dans le Sichuan ?
La raison principale pour laquelle la majorité des touristent viennent dans le Sichuan, c’est pour voir les fameux pandas géants, très nombreux dans la région.
L’endroit le plus connu pour les voir, c’est le Chengdu Research Base of Giant Panda Breeding, situé à une dizaine de kilomètres du centre-ville de Chengdu – c’est aussi le plus facilement accessible depuis la ville. Mais pour une expérience moins touristique, il existe bien autres centre de préservation et de reproduction des pandas, notamment la Dujiangyan Panda Base et la Wolong Panda Reserve (Shenshuping Panda Base). C’est dans cette dernière base que Eastogo nous a emmené pour commencer notre voyage, puisqu’il s’agit du centre avec le cadre le plus naturel, et avec un afflux touristique qui reste très limité – ce qui rend la visite très agréable.
La réserve de 200,000 hectares s’étend bien au delà de la zone accessible au grand public, où vous pourrez rencontre plus de 70 pandas. Les pandas y sont plus actifs le matin avant 10h, donc essayez de prévoir votre visite pour y être dans cet horaire.
Le village tibétain de Zhonglu
Le premier village traditionnel tibétain visité durant notre tour du Sichuan était Zhonglu, un charmant petit village perché au milieu des montagnes à 2100 mètres d’altitude, dans un cadre splendide. Vu son altitude encore peu élevée, c’est une étape parfaite en chemin vers le haut plateau tibétain.
Zhonglu, qui signifie « un lieu convoité à la fois par les humains et les dieux », est connu pour son architecture traditionnelle, avec ses maisons tibétaines préservées, ses temples et ses anciennes tours de guet (une tour était construite à chaque naissance d’un fils dans les familles !). Nous avons logé dans un chouette petit boutique hôtel à l’architecture traditionnelle, mais aux chambres totalement dans l’air du temps (avec des baignoires avec vue sur les montagnes !), la Gonggubao Guesthouse.
La meilleure manière de profiter du village est d’y faire une petite balade jusqu’à l’un de ses points de vue aménagés. Juste avant d’atteindre la Platform 3, vous trouverez notamment un charmant petit café avec le cadre très photogénique que vous pouvez découvrir en photo ci-dessous !
Tagong : entre monastères et nomades des plaines
Perché à plus de 3 700 mètres d’altitude sur les hauts plateaux tibétains du Sichuan, Tagong (ou Lhagang) est l’une des portes d’entrée principale du Tibet. Le Monastère de Tagong (ou monastère de Lhagang) est l’un des plus importants de la région et l’un des sites phare de la secte Sakya du bouddhisme tibétain. Ses dorures et ses drapeaux tibétains flottant au vent attirent l’oeil, mais vous trouverez encore plus de richesse à l’intérieur de son hall historique (que je n’ai malheureusement pas pu prendre en photo). Selon la légende, le monastère abrite une statue sacrée de Jowo Sakyamuni, représentant le Bouddha historique, Siddhartha Gautama, réalisée sur modèle, une réplique de la statue originale se trouvant à Lhasa.
Selon la légende, en 641, alors que la Princesse Wencheng de la Dynastie Tang était en chemin pour épouser le roi tibétain Songtsen Gampo, elle transportait la statue du Bouddha Shakyamuni qui est devenue impossible à bouger une fois à Tagong. La statue aurait même parlé, déclarant la terre sacrée. La princesse ordonna qu’une réplique de la statue soit laissée sur place, et ce fut la naissance du monastère de Tagong, où les pélerins affluent toujours, pour cette raison, aujourd’hui. Pour les tibétains, cette histoire rend le monastère de Tagong aussi sacré que celui de Lhasa, et une bonne alternative pour ceux qui ne peuvent pas y voyager.
Nous avons visité le temple un jour de festival et avons eu l’occasion d’assister aux prières des moines (avec l’autorisation de pouvoir les photographier, ce qui est assez rare !), puis de participer à la distribution des denrées bénies par les moins, dont le fameux gâteau au beurre de yak, avant de terminer par un moment totalement hors du temps, une intiation à la méditation par l’un de leurs moines, au coucher du soleil, dans leur jardin de stupas. Un moment totalement incroyable !
En parlant de yak, vous ne manquerez pas d’en voir des troupeaux entiers un peu partout dans la région de Tagong. En effet, les alentours de la petite ville sont occupés par les nomades des plaines, qui s’installent dans les prairies les plus hautes durant l’été, et redescendent un peu plus bas durant l’hiver. A Tagong, Eastogo nous a proposé une expérience d’une journée en immersion avec une famille de nomade des plaines, que nous avons rejoint dans leur tente au beau milieu de nulle part. Loin d’une expérience touristique, nous avons tout simplement passé la journée avec eux, les aidant à la traite des yaks le matin, puis assistant à la préparation de tous les « produits dérivés » du yak (fromage, beurre,…), avant de déguster leur repas typique, la tsampa, puis de faire une petite balade à cheval. Une journée encore une fois hors du temps…
Autre monastère à découvrir absolument à Tagong, le Monastère de Muya fut l’un de mes préférés de ce voyage. Niché dans un cadre incroyable, au milieu de plaines sauvages entourée par des sommets montagneux enneigés, c’est vraiment l’un des plus beaux temples bouddhistes tibétains du Sichuan. Le monastère d’origine aurait été établi au 13ème siècle, ce qui en fait l’un des plus vieux de la région. Il appartient à l’école Gelugpa du bouddhisme tibétain et son complexe est aussi un centre important pour l’apprentissage du bouddhisme. On y trouve aussi un institut de médecine tibétaine. L’un de ses grandes particularités est qu’il abrite des animaux sauvages qui ont été sauvés par les moines. En se baladant dans le complexe du monastère, on se retrouve donc entourés de cerfs, singes, chevaux, chèvres, moutons, et plus encore, qui se baladent quasiment tous en liberté.
A proximité, nous avons également été faire un tour au Couvent d’Ani Gompa (où les nonnes étudient les écritures bouddhistes), et son pepit village lié, Gerima.
Litang : le village tibétain de Qianhu et le Monastère de Changqingchunkeer
Perché à un peu plus de 4000 mètres d’altitude, la ville de Litang est le centre culturel de la région tibétaine de Kham. Au milieu des quartiers plus modernes de la ville, vous pourrez découvrir l’ancienne ville de Letong et le village tibétain traditionnel de Qianhu, l’un des plus charmants du Sichuan (son nom signifie le « village des milles foyers »). C’est aussi le lieu de naissance du 7ème Dalai Lama. Le soir, les jeunes se retrouvent sur la place principale du village pour une performance de danse Guozhuang. A voir absolument pour une expérience locale qui vous donnera le sourire !
Situé à quelques minutes du centre, le Monastère de Changqingchunkeer est l’autre visite incontournable de Litang et l’un des temples les plus scéniques que vous pourrez voir dans le Sichuan ! Construit durant la Dynastie Ming, il s’agit de l’un des plus vieux et importants temples Gelugpa du bouddhisme tibétain dans la région tibétaine de Kham. Il est entre autres connu pour son grand pèlerinage annuel, qui a lieu en juillet, Zhubi Rika, le plus grand de la région.
Le Mont Genyen et les Alpes sichuanaises
La région du Mont Genyen est l’un des joyaux du Sichuan, pourtant très méconnu des touristes étrangers – il faut dire que l’accès à cette région montagneuse, aux pistes parfois aventureuses, se mérite ! Je ne m’attendais pas à découvrir de tels paysages alpins dans le Sichuan, et pourtant ceux-ci m’ont laissée bouche bée !
Le Mont Genyen est un sommet sacré qui culmine à plus de 6200 mètres d’altitude : les pèlerins viennent faire le tour du mont, en signe de dévotion. Il est entouré par une région faites de hautes prairies, de glaciers, de rivières aux eaux turquoises (parsemées de sources chaudes !) et de gorges scéniques. C’est une région qui commence seulement à se développer un peu touristiquement, et les quelques hébergements qu’on y trouve sont tous très récents.
Parmi les petits villages perdus dans ces paysages sauvages qui s’étendent à perte de vue, ne manquez pas un petit tour au village de Xiazetong (où nous avons pu voir des marmottes de très près !), et au village de Zeba, où nous nous sommes basés pour une nuit (c’est de là que part l’une des petites randonnées les plus populaires du coin, qui permet d’avoir des vues rapprochées sur un glacier).
Autre endroit très populaire de la région, le lac alpin surnommé « The Eye of Genyen » (l’oeil de Genyen) à cause de sa forme caractéristique – qui s’observe mieux en drone. Fréquenté par de nombreux yak, ce petit lac est un rêve pour les amateurs de photos !
Mais mon activité préférée dans la région du mont Genyen restera sans aucun doute la splendide randonnée de 8 km qui permet de relier le nouveau et le vieux Monastère de Lenggu. Il s’agit de l’un des sites spirituels les plus importants du bouddhisme tibétain. Etabli à l’origine comme centre de la Secte Blanche (Kagyu) du bouddhisme tibétain il y a plus de 800 ans, il a ensuite été associé à l’école Gelugpa. A son apogée, le monastère de Lenggu accueillait pas moins de 100.000 moines !
Depuis 2011, un nouveau monastère plus facile d’accès a été construit aux pieds du Mont Genyen, dans un cadre époustouflant. Un des moines nous a guidé pour nous faire découvrir, contre une petite donation, leurs plus grands trésors, appelés les « Trois Trésors sacrés du Mont Genyen » : un coquillage géant tournant vers la gauche (très rare, apparemment), une ramure de biche (tout aussi rare), et le casque légendaire du Roi Gesar (un roi-guerrier tibétain ayant une place importante dans le folklore tibétain). Nous avons aussi pu voir le « Coeur de Genyen », une pierre polie naturellement qui ressemble étrangement à un coeur humain, et qui est vénérée comme « coeur spirituel » de la montagne sacrée.
Cependant, le vieux monastère reste toujours accessible. Pour l’atteindre, il vous faudra longer une gorge à couper le souffle pendant 4 km. Nous l’avons fait à pied, mais les moines et certains pèlerins décident d’y aller en moto – oui, elles passent vraiment partout !
Baiyu et son monastère
A la frontière entre le Sichuan et le Tibet, la petite ville de Baiyu est une étape parfaite, avec une vieille ville à l’architecture traditionnelle préservée dans les hauteurs de la ville, et un cœur commerçant très animé et plus moderne en contrebas.
Baiyu est dominée par le Monastère de Baiyu, fondé en 1675 durant la Dynastie Qing. Le terme Baiyu vient d’une traduction chinoise du mot tibétain désignant une « terre propice ». Il s’agit de l’un des six monastères ancestraux de l’école Nyingma du bouddhisme tibétain. Ce monastère est assez particulier puisqu’il se fond vraiment dans la ville (et offre de superbes vues sur celle-ci en contrebas).
Le Monastère de Katok
Le Monastère de Katok (Gatuo) est à nouveau l’un des plus scéniques du Sichuan ! Perché au sommet d’une montagne à une hauteur de 4800 mètres, le monastère est un vrai petit village, qui se dévoile d’un coup une fois que l’on arrive au sommet de la route en zig zag bien pentue qui y mène.
Il s’agit du monastère mère de l’école Nyingma du bouddhisme tibétain. Fondé au 14ème siècle, c’est un centre majeur d’étude, de méditation et de formation des lamas depuis des siècles. Katok attire encore aujourd’hui des moines et étudiants venus de tout le Tibet et du Sichuan, et reste un grand lieu de pèlerinage.
Le Monastère de Zhuqing
Nous continuons notre tours des monastères tibétains au Monastère de Zhuqing, qui est l’un des plus importants monastères de l’école Nyingma du bouddhisme tibétain. Le complexe du monastère, énorme, s’étend aux pieds du Mont Que’er, à 4000 mètres d’altitude. Un cadre paisible et serein : on comprend directement le choix de ce cadre.
L’une des particularités du Monastère de Zhuqing, c’est que tout le monde peut avoir accès à la cantine du monastère. C’est l’occasion parfaite pour goûter à la cuisine végétarienne bouddhiste, dans un cadre authentique, entouré par les moines. C’est une cuisine assez simple, mais ce fut l’un des repas les plus mémorables de ce voyage.
La ville de Dege et la Dege Printing House (UNESCO)
Notre dernier arrêt dans le Sichuan fut la ville de Dege, située dans la préfecture tibétaine autonome de Garzê, est connue comme la porte d’entrée nord de la région tibétaine du Kham et du Tibet. Ancienne capitale du royaume de Dege et lieu d’origine du roi légendaire Gesar, la ville de Dege est surtout célèbre pour son rôle dans la préservation et la diffusion de la culture tibétaine.
L’incontournable de la ville est la Dege Printing House, aujourd’hui classée au patrimoine immatériel de l’UNESCO et très fréquentée par les pèlerins. Cette imprimerie traditionnelle est réputée pour l’impression des textes bouddhistes sacrés, conservés sur 320 000 blocs de bois gravés. Les blocs y sont imprimés sur du papier fabriqué à partir d’une plante tibétaine rare, le landgu, selon des techniques ancestrales qui n’ont pratiquement pas changé depuis la création de l’imprimerie.
Notre voyage s’est ensuite poursuivi en direction de la province du Qinghai. Vous pouvez découvrir en détail cette deuxième partie du voyage dans cet article : Visiter le Qinghai : la province sauvage et méconnue de Chine
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